• Blog/Actualités
  • Votre Maire
  • La circonscription des Alpes de Haute Provence
  • ÉLECTIONS MUNICIPALES Mars 2020
  • Contacts
  • MORT DE PHILIPPE SEGUIN : UN SERVITEUR DE L’ETAT ET DES LIBERTES A DISPARU » PAR DANIEL SPAGNOU

    17852_1289350444564_1554325421_706617_4359205_n.jpg

    « L’État est la réalité où l’individu trouve sa liberté et la jouissance de sa liberté. », affirme Hegel dans un passage célèbre de La Raison dans l’histoire. Cette conception qui renvoie naturellement au civisme, à l’indépendance et à la protection, était sans doute l’apanage de Philippe Séguin et de son implication politique, celle d’un pupille de la nation, né en Tunisie qui est toujours resté très attaché à la Provence où il passa une grande partie de sa jeunesse.
    Je me souviens de notre rencontre émouvante lors de l’hommage rendu en Corse à un ami commun disparu, feu Joseph Comiti, lui aussi grand serviteur de la République. Au-delà du personnage politique impressionnant qu’il est toujours resté, j’avais pu découvrir l’homme avec sa sincérité, sa spontanéité et surtout sa bonté naturelle.
    Je me souviens aussi de ses déplacements en Haute Provence quand il assumait la présidence du RPR, tentant de réunir et de redonner du sens au parti, à un moment où les héritiers du Général De Gaulle étaient plus prompts à se déchirer qu’à dessiner un avenir pour la France.
    Je me souviens encore de notre dernière rencontre le 1er décembre dernier à Paris lors d’une cérémonie de remise de la Légion d’Honneur par Jacques Chirac à une amie commune.
    Je garde de lui, son engagement pour le « non » au traité de Maastricht. Fidèle à la tradition gaulliste et attaché à l’implication de l’État dans le domaine social, il estimait que le traité européen est une menace pour l’indépendance de la France. Il craignait surtout une Europe trop libérale.
    Historien de formation mais non de profession, je conserverai de Philippe Séguin son ouvrage, sorte d’essai d’histoire et de politique qui résonne en moi comme un véritable testament politique. Ce livre n’est autre que celui qu’il consacra à Louis Napoléon Bonaparte, à la modernité de ses idées et de son action sans nier le désastre de sa fin de règne pour le pays.
    Dans ce livre Philippe Séguin a montré où il trouvait la source de son engagement pour la France et son attachement à la nation, à De Gaulle et à la constitution de 1958 et au suffrage universel, à une Europe associative, libre-échangiste, reposant sur le principe des nationalités. Il croyait au ressort du progrès que constitue l’unité nationale au détriment des régionalismes ou des potentats locaux rétrogrades, confits dans des traditions ou des privilèges révolus.
    Philippe Séguin convenait de la « formidable modernité » de Louis Napoléon Bonaparte, un chef d’Etat visionnaire et incompris, animé d’une « foi démocratique » et précurseur du général de Gaulle, en cela qu’il dépassait les débats doctrinaux de son temps, centrés sur les problèmes institutionnels, afin de se consacrer à la rénovation économique et sociale de la France.
    D’un chef d’Etat, Philippe Séguin voulait que l’on sache voir au-delà de la politique du court terme qui éloigne les français de leurs élus, quelle lumière il apporte à une période qui sans lui eut été pour notre pays infiniment plus chaotique. Pour lui, un chef d’Etat digne de ce nom dans l’une de ses missions cardinales se devait de donner un ordre neuf à la France.
    Je noterais enfin une anecdote particulièrement significative, l’opération « Respect Tous Terrains » mise en place par la Fondation du Football, lancée en février 2008 et présidée par Philippe Séguin. Cette structure a pour mission de promouvoir une vision citoyenne du football, d’en rappeler les vertus éducatives et de souligner les capacités de la discipline à fédérer par delà les différences.
    Permettre à la société française d’être plus juste, le progrès par l’émancipation du peuple, l’ordre, la liberté et la justice, voilà le credo que je retiens du Séguinisme porté par un homme qui encore plus à la fin de sa vie, avait fait sienne cette phrase : « Soyons les hommes du pays et non les hommes d’un parti. »

    Les commentaires sont fermés.